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Compte rendu de la réunion du 28 juin! Mobilisation et travail! Suggérer par mail




Cette date restera peut-être dans les annales de l’histoire de notre profession.

Car c’est lors de cette réunion avec Marie-christine Michel et Eric Lemaitre de l’OPPBTP que nous avons pour la première fois compris que l’action et l’importance de Scaphmotion étaient bien réelles.


Il faut d’abord revenir rapidement sur le rôle de l’OPPBTP : Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et Travaux Public. Il s’agit d’un organisme existant depuis 1947 créé à la demande des employeurs du secteur afin de réglementer leurs activités. Actuellement cet organisme est financé par les cotisations des entreprises ainsi que par l’état. Des ingénieurs techniques sont donc missionnés pour plancher sur tel ou tel aspect des différents métiers des secteurs concernés. Ils mettent en place les réglementations qui encadrent de manière très concrète nos métiers. Ils réfléchissent notamment beaucoup sur la sécurité et la prévention. En effet, le BTP est vraiment le mauvais élève de notre pays puisque que l’on y recense 30% (environs 200 par an) des accidents mortels au travail alors qu’il ne représente qu’un peu moins de 10% de la population active.


Depuis 2001 l’OPPBTP a reçu comme mission du ministère du travail de revoir l’arrêté d’application relatif au décret concernant l’hyperbarie. Cet organisme s’est donc mis à « enquêter » sur la profession de scaphandrier. Les résultats de cette étude préliminaire ont été en gros les suivants. Il s’agit d’une activité se trouvant dans un état de décrépitude certain que l’on peut résumer ainsi :

  • Une législation qui dans sa rédaction n’est pas toujours précise ; qui a été jugée incomplète (certains aspects ne sont jamais abordés) et qui n’est pas appliquée systématiquement.

  • Un état global du matériel vétuste et mal entretenu.

  • L’absence totale d’innovation.

  • L’impossibilité de faire un recensement du nombre de scaphandrier. Par contre environ 190 sociétés ont pu être identifiées.

  • L’âge moyen de la profession serait de 40 ans.

  • Pas de réelle harmonisation des pratiques.

  • Une perte importante de savoir faire des entreprises françaises par rapport à ce qui se faisait il y a 30 ans. Et surtout très peu de vision d’avenir.

  • Un niveau de formation très bas.

  • Un temps de passage très court dans le métier (moins de 10 % de l’effectif formé exerce encore après 5 ans).


Devant ce constat, s’est posée la question de savoir ce que l’on faisait de cette profession (qui n’en est d’ailleurs pas une, autre point bien mis en évidence…). Est-il nécessaire d« investir » dans cette activité marginale, à la fois en termes de personnes employées que de chiffre d’affaires ? On parle ici de macro économie. C’est en considérant cette réalité que l’OPPBTP et le ministère du travail se sont questionnés pour déterminer s’il fallait continuer à s’intéresser à l’hyperbarie. Un scénario étant toujours possible et surtout plus facile : ne rien faire et laisser cette activité vivoter dans son marasme actuel. L’idée étant de dire que si l’on manquait occasionnellement de main-d’oeuvre ou de savoir faire on pouvait toujours faire appel aux étrangers (l’Europe c’est aussi fait pour ça). Il était donc question d’externaliser (c’est très à la mode en ce moment) notre métier.

Mais tous ces travaux de réflexion ont aussi mis en évidence les secteurs dans lesquels nous sommes indispensables : l’énergie (nucléaire, hydroélectrique, Pétrochimie, ...) grosses infrastructures (ponts, quais…). Des secteurs stratégiques que l’on ne peut pas abandonner au premier venu. Nous sommes donc passés du stade de profession à la « déroute » à celui de profession stratégique. Cela peut vous paraître incroyable mais c’est ainsi que se sont passées les choses. Nous sommes donc heureux de vous apprendre que vous pratiquez une « profession stratégique » pour environ 12 euros de l’heure…


Pour faire accepter des modifications dans une législation, l’OPPBTP doit prouver que la concertation ayant abouti à déterminer des changements, a bien pris en compte l’avis des différents intervenants du secteur. Le SNETI est donc naturellement devenu très vite un de leurs interlocuteurs privilégiés. Scaphmotion étant le seul organisme représentant de salariés scaphandriers, nous avons été aussi associés aux travaux de réflexion. De cette manière l’OPPBTP pouvait se prévaloir d’un fonctionnement paritaire. Ce qui était d’ailleurs une obligation imposée par le ministère de travail.


Ils nous a donc été demandé de réfléchir sur deux grands thèmes :

D’une part l’aspect purement technique et d’autre part la formation.

Dans le premier cas, des questions très précises nous ont été posées, notamment sur l’utilisation des mélanges et la plongée par système. Il nous a été aussi donné la possibilité d’émettre des demandes de modification. Nous ne rentrons pas ici dans les détails pour vous présenter de manières exhaustives ces modifications car nous serons bientôt en mesure de mettre en ligne le projet d’arrêté. Voilà juste les points sur lesquels nous avons insisté et qui ont tous été retenus :

  • Obligation d’utiliser la même méthode de plongée pour le plongeur 1 et le plongeur secours : fini donc le mauvais « bi » traînant dans un coin du chantier.

  • Tous les casques doivent avoir un manifold attenant au casque lui-même : fini les manifolds qui se balade quelque part sur le sanglage ainsi que de mauvais AGA, EXO 26, CRESSI.

  • Interdiction de plonger a l’air au-delà de 50 m.

  • Plongée autonome interdite au-delà de 50 m.

  • La plongée au narguilé doit toujours être privilégiée.


Le projet revoit aussi l’organisation d’une équipe en termes de rôles qui peuvent changer en fonction de différentes situations : surtout en cas de problème. C’est une approche à laquelle nous ne sommes pas culturellement habitués mais qui pourra nous permettre d’appréhender sous un angle différent notre travail en équipe. Cela aura aussi pour conséquence possible de faire augmenter la taille des équipes : nous sommes tous conscients de la difficulté de gérer convenablement un problème quand nous ne sommes que trois sur un chantier. Tous les détails seront communiqués avec l’intégral du projet.


À notre avis c’est dans le volet formation que les modifications seront les plus importantes, une fois de plus si le projet est validé par le ministère de travail.

Pour résumer : le classe II que nous connaissons actuellement, deviendrait une sorte de tronc commun, lequel ne donnerait pas tout de suite le titre de scaphandrier . Ce stage devrait durer sensiblement le même temps que le classe II actuel. Il donnera seulement l’autorisation de s’immerger sur des chantiers en tant qu’apprenti. En aucun cas il ne donnera la possibilité d’être le « troisième », il faudra intégrer une équipe déjà au complet de trois scaphandriers confirmés. Ces stages en entreprise seront réalisés sur le mode de l’alternance afin de valider sept modules de connaissance. Les candidats ne deviendront des scaphandriers en titre qu’au bout d’une formation estimée à 18 mois. Les connaissances antérieures à la formation pourront bien sûr être validées : on ne demandera pas à un chaudronnier d’aller passer le module soudure / découpage.

Cela correspond à une formation estimée entre 750 et 900 heures. Ce qui nous amènerait au niveau de ce qui se fait en Belgique, Allemagne, Norvège, Canada, USA…


Le projet nous propose donc une formation digne de ce nom qui nous semble être une voie indispensable pour l’obtention d’une reconnaissance professionnelle. La conjugaison des modifications de la formation et de l’aspect technique nous permettra d’engager de réelles discutions sur notre statut professionnel. Nous vous rappelons que le métier de scaphandrier n’existe pas. Nous possédons juste une spécialisation des travaux publics. Il faut bien comprendre que pour nous, le réel enjeu de ce projet est de nous positionner de telle manière que nous pourrons engager par la suite les discutions pour obtenir un véritable statut : avec des véritables diplômes qualifiants, grille de salaire, pénibilité reconnue, convention collective, etc... Un métier quoi !


C’est en gros l’étape suivante, mais qui passe obligatoirement par l’acceptation de ce projet par le ministère du travail. L’OPPBTP nous reconnaît comme un interlocuteur sérieux et représentatif des salariés scaphandriers. Mais il semblerait que certains tentent de remettre notre légitimité en cause. Il ne nous reste qu’à nous appuyer sur notre base pour démontrer que cela est faux. La commission (commission spéciale n° 2) qui validera ce projet va siéger en décembre au Conseil d’état. D’ici là, il faut que notre association monte en puissance. Nous demandons donc à tous ceux qui croient en ce projet d’en parler dans leur cercle de travail. Concrètement, il faut que le nombre des membres augmente rapidement pour que notre légitimité soit incontestable.


Car, si l’on y pense, c’est bien la première fois qu’on demande leur avis aux types qui mettent quotidiennement la tête sous l’eau. Ce serait dommage de ne pas profiter de l’occasion que nous offre l’OPPBTP, cela ne se reposera pas de si tôt!



Scaphmotion







 
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