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La première assemblée générale de SCAPHMOTION
Nous avons vécu , le week-end du 12 et 13 septembre 2009 un moment quasi historique puisqu’une petite vingtaine de scaphandriers se sont retrouvés, en dehors d’un chantier, pour discuter de l’avenir de notre association et par extension de celui de notre profession. Certains ont fait plus de 500 Km et attention, le tout à leurs frais ! Notre trésorier, Eric Saint Sulpice nous ayant dégoté un gîte exceptionnel pour un prix modique dans le village au nom improbable de St julien Molin Molette (42). Le bureau tient d'ors et déjà à remercier tous ceux qui ont fait le déplacement lors de ces deux jours qui furent ,au-delà de notre réunion de travail un vrai moment de convivialité.
La réunion de travail a à proprement parlé eu lieu de 15 à 20 heures le samedi. Ce fut déjà l'occasion de tous se présenter « physiquement » puisque certains ne se connaissaient que de nom, ou par Internet.
Puis les membres fondateurs ont chacun expliqué les raisons qui les avaient poussés à se lancer dans cette aventure. La réunion s'est articulée autour de ces propositions ou visions. En même temps un tour de table fut organisé pour que chaque membre puisse se présenter. Aucun de nous n'étant un « professionnel » de l'organisation de cette sorte d'événement; celle-ci ne fut pas aussi ordonnée que l'assemblée générale d'une multinationale, mais les discutions se sont déroulées dans une ambiance relativement studieuse. Contre toute attente nous parvînmes à conserver cette atmosphère de travail tout au long de l'après-midi. La discussion est presque tout le temps restée audible et n'a basculé dans le brouhaha qu'à de rares occasions. Biens entendus mille sujets ont été abordés ,par moments les idées ont fusé dans tous les sens....
Mais nom de Dieu ça nous à donné, l'espace de ces quelques heures un baume au cœur incroyable, tout nous est apparu possible.
Voilà un résumé, dans le désordre de ce qu'il est sorti de ces discussions. Il s'agit de réflexions, d'idées, de constats, de piste de recherche sur lesquelles l'association va pouvoir maintenant travailler de manière plus concrète.
- - Notre métier n'en n'est pas véritablement un! il s'agit d'une spécialité des TP
Pourquoi ? Car nous n'avons pas de convention collective propre. Nous dépendons donc de la convention collective 3005 des ouvriers des TP. Est-elle celle qui nous convient le mieux ? Il semblerait, par exemple, que celle des gens de mer nous serait plus favorable. À étudier.
• - Comment se négocie une convention collective? entre des organisations syndicales de patrons, de salariés et l'état.
- - Nous ne sommes pas classés à risque! est-ce normale? Pourquoi? Et le saviez-vous: nous avons été déclassés à la demande du syndicat patronal (SNETI) en 1992 ou 1993 Pourquoi? Nous avons une piste de réponse, mais cela doit être éclairci, en effet on ne peut plus employer du personnel intérimaire sur un poste de travail à risque. Et il est évident que notre activité ne peut pas se passer de l'intérim.
• - Au sujet de l'intérim: légalement de quelle convention collective dépend-on réellement? De celle des TP ou bien de celle des boîtes d'intérim?
- - La question de la visite du travail a bien sûr été abordée. Car si tous nous passons une visite médicale hyperbare, nous sommes très peu à passer celle de la médecine du travail, ce qui constitue une infraction pour l'employeur. Il semblerait que cela puisse entraîner des problèmes en cas d'accident. Il y a ici un vide juridique.
- - Bien sûr la question de notre salaire horaire à aussi été à l'ordre du jour, ainsi que celui des primes de déplacement. Force est de constater que notre contrôle sur ces paramètres est aujourd'hui plus que limité et que visiblement une réelle augmentation de nos rémunérations ne pourra avoir lieu qu'après avoir instauré un véritable rapport de force entre le patronat et une organisation de salariés. De toute évidence la question des moyens de pression dont nous disposons a été abordée sans que nous ayons trouvé de réponse réellement satisfaisante. La réflexion et donc plus que jamais ouverte sur ce sujet. La seule chose qui paraît claire est que cela ne pourra venir que de nous car ce n'est pas dans le contexte actuel que l'on peut imaginer une quelconque avancée de la part du patronat. D'ailleurs il n'a aucun interêt à se comporter différemment puisqu'il n'a personne en face de lui... C'est là que désormais nous devons nous affirmer et nous positionner comme un interlocuteur incontournable.
- - Cette dernière réflexion nous conduit à nous questionner sur notre légitimité. Il est évident qu'actuellement nous sommes encore trop peu nombreux pour revendiquer une quelconque représentativité de l'ensemble de la profession. Pour cela nous devons fidéliser les scaphandriers qui nous ont fait confiance en prenant rapidement leurs cotisations et nous devons en attirer d'autres. Cela ne se fera qu'en montrant au reste de la profession que nous sommes digne de confiance. Concrètement cela passe par une transparence totale sur nos activités et surtout sur nos résultats.
- - Quels sont nos résultats?
En trois ans le site Internet à été mis en place et il compte environ 240 inscrits, ce qui n'est pas dérisoire. Celui-ci est en évolution permanente et représente une charge de travail non négligeable pour ses administrateurs. Dans l'absolu il nous faudrait convertir ces 240 inscrits en 240 cotisations pour l'association!
Comme autres résultats concrets nous avons aussi la création de l'association qui en soit n'est pas grand-chose mais à quand même nécessité de la part de ses fondateurs plusieurs réunions de travail pris sur notre temps libre. Cela mérite d'être souligné car cela illustre cette grande motivation.
Et puis nous avons tout de même à notre actif une petite victoire. Celle ci est d'ailleurs presque passée inaperçue, c'est en effet à la suite de l'information mise en ligne sur le site scaphmotion de l'existence des barèmes ACCOS concernant le remboursement des frais kilométriques que ceux-ci sont presque tous passés à 23 centimes du kilomètre. Ce fait est extrêmement intéressant car il nous a prouvé que dans certains cas le seul fait de faire circuler une information est suffisant pour obtenir gain de cause. Cela nous a aussi appris que le site était consulté par les dirigeants des boîtes de plongée et d'intérims. Preuve, s'il en est, que nous sommes pris au sérieux par certains.
Mais soyons réaliste ,cela n'est pas grand-chose . Ce n'est qu'un début qui nous démontre que nous nous sommes engagés dans un processus qui sera vraisemblablement très long. Il nécessitera de l'abnégation, de la patience et beaucoup de passion. Nous devons dans tous les cas rester modestes quant à nos objectifs afin de ne pas nous perdre dans de trop grandes ambitions. Il va falloir progresser étape par étape. Car notre tâche est ardue, il faut toujours garder en mémoire que nous ne sommes pas des coutumiers de ce genre d'exercice, nous sommes toujours en déplacement et nous avons des vies privées à préserver si nous voulons tenir dans la durée. Nous devons apprendre en même temps que se développe notre association les codes de l'engagement social... Ce qui n'est pas une mince affaire.
Nous en venons sur ce au dernier point que nous voulions aborder dans ce compte-rendu. Nous sommes réaliste quant à notre incompétence quand il s'agit de manier et comprendre les textes de loi, quand il s'agit d'être précis quand nous évoquons le droit du travail. Pour cela des contacts ont été pris avec un cabinet d'avocats spécialisés dans le droit du travail.
Car la vraie question qui va se poser à très court terme est celle de la nécessité de se transformer en syndicat... Syndicat autonome, syndicat affilié cela reste, bien entendu, à définir, mais il paraît maintenant évident que notre marge de manœuvre sera nulle si nous n'en passons pas par cette étape. À chacun d'y réfléchir car nous imaginons que le débat risque d'être animé à ce sujet.
Merci de nous avoir lu jusqu'au bout , comme vous le constatez le champ de la réflexion est large et toutes les bonnes volontés seront les bienvenues car nous avons besoin d'aide.
SCAPHMOTION
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