Il faut en effet savoir qu’il y a depuis longtemps une collaboration scientifique entre les deux milieux. En général les plongeurs spéléo qui sont des gens éxtremements compétents ont toujours communiqué avec plaisir le résultat de leurs explorations ainsi que les topographies qu’ils avaient réalisées. L’étude et la connaissance précise des réseaux souterrains faisant partie intégrante de cette activité. C’est sans doute pour ces raisons qu’est née cette polémique puisqu’une partie du milieu spéléo ne comprend pas pourquoi on lui interdirait de faire ce dont elle a l’habitude, c’est-à-dire de l’exploration suivie d’une topographie. Mais dans le cas qui nous concerne la volonté initiale de réaliser ces plongées ne vient pas des spéléos mais du BRGM. D’ailleurs ladite association a proposé de se faire ouvrir la source (car l’accès est actuellement interdit et fermé) pour évaluer le coût de cette opération, dans en jargon professionnel cela s’appelle un devis, puis de faire transformer cette estimation en subvention ... On peut comprendre la démarche de ces plongeurs pour qui c’est l’occasion d’exercer leur art et leur compétence dans un but plus précis que d’habitude, c’est forcément gratifiant et motivant. Il paraît même évident que l’argent potentiellement récolté lors de cette opération n’est pas la réelle motivation de ces plongeurs mais bien l’exitation de participer à un projet concret et directement utile.
Il n’empêche que pour la ville de Montpellier ainsi que pour le BRGM cela se résume par l’obtention des données qui les intéressent pour un coût modique sans passer par la complexité que nécessite la mise en place d’un appel d’offre. Et cela s’appel plus simplement du travail « au noir » dans le total irrespect de la législation régissant notre activité.
C’est dans ce contexte que Scaphmotion a pris contact avec le BRGM afin de lui rappeler qu’une législation concernant l’intervention en milieux hyperbares existait et que cette opération devait s’y inscrire. Il s’agit de plongées devant être effectuées par des scaphandriers classe III maîtrisant parfaitement les techniques de plongées souterraines ainsi que la plongée autonome aux mélanges . Ils sont très peu nombreux, mais ils existent. À ce sujet si ce personnel n’avait pas existé nous ne serions pas intervenu sur ce dossier en ces termes . Il est évident que pour intervenir en plongée souterraine il faut d’abord être spéléo avant d’être scaphandrier. Il serait même criminel d’envoyer des classes III faire ce travail sous prétexte qu’ils possèdent le diplôme adéquat . Dans ce cas de figure c’est l’expérience en plongées souterraines qui prime tant l’activité est spécifique. Nous aurions même compris la mise en place de dérogation permettant l’intervention de plongeurs non classés. Mais à partir du moment où l’on peut fonctionner en respectant la législation il n’y a pas de raison de déroger.
Une opération dans un cadre professionnel aura forcément un coût plus important et il sera bon que certains le réalisent. D’un autre côté, ce doit être aussi un gage de qualité dans le travail réalisé ainsi que dans la sécurité .Par la possibilité qu’auront les professionnels à mobiliser un caisson de décompression multiplace à la sortie de la cavité ainsi que par le nombre d’intervenant qui devrait limiter les efforts fournis par les plongeurs profonds lors de la préparation des plongées.
Nous tenons à signaler que notre entretien téléphonique avec le BRGM à été très cordial et visiblement sans ambiguïté quant à leur volonté de travailler dans les règles, que leur contact avec cette association spéléo aurait eu lieu tout au début du processus de réflexion sur cette future opération… La polémique aurait donc « éclatée » au sein même du milieu spéléo par ailleurs fort réputé pour la rivalité pouvant exister entre personnes ou équipes.
Quoi qu’il en soit même si la réponse du BRGM à été à la hauteur de nos attentes celui-ci n’a maintenant plus le choix quant à la manière de procéder pour cette opération, ou à d’autres dans le futur.
Ils nous parait donc très important de faire remonter l’information sur ce genre de démarche car elle prouve que notre action peut avoir des retombées directes et rapides sur notre activité et que notre association a pleinement sa place et son utilité.
Dans le même ordre d’idée sachez que dès que nous aurons une information relative à du travail réalisé par des plongeurs non ou mal classés, par exemple tous les travaux de port effectués par le copain moniteur de plongée, nous engagerons la même démarche. A vous donc de faire remonter des infos si vous êtes témoins de quelque chose.
Donc, affaire à suivre en ce qui concerne ce dossier. Nous vous tiendrons informé de la suite.
Scaphmotion